Ce site web fait la distinction entre les « voies de migration » et les « domaines biogéographiques ». Les délimitations des domaines biogéographiques (divisions des masses continentales du monde en fonction de leur faune et leur flore caractéristiques) suivent celles préconisées par le WWF (figure 1) en distinguant le Paléarctique oriental du Paléarctique occidental. Le terme « voie de migration » est utilisé dans des contextes variés. Boere & Stroud définissent le concept général des voies de migration comme « les systèmes biologiques des parcours migratoires qui relient directement les sites et les écosystèmes dans différents pays et continents ». Plus spécifiquement, ils définissent une voie de migration comme « la totalité de l’aire de répartition d’une espèce d’oiseau migrateur (ou d’un groupe d’espèces proches ou d’une population distincte d’une même espèce) dans laquelle elle se déplace au cours d’une année, depuis les zones de reproduction vers les autres zones, y compris les sites intermédiaires de repos/remise, les sites d’alimentation, ainsi que la région à l’intérieur de laquelle les oiseaux migrent ».

Le site web suit la définition des neuf principales voies de migration des oiseaux d’eau (figure 2), basée sur la définition des voies de migration des limicoles (parmi les migrateurs effectuant les plus longues migrations) développée par le Groupe international d’étude des limicoles (International Wader Study Group), en y ajoutant la voie de migration Pacifique centre qui est importante pour un nombre restreint de populations d’oiseaux d’eau migrateurs. Une population est affectée à une voie de migration si la majorité de la population réalise des migrations latitudinales régulières s’étendant sur au moins deux domaines biogéographiques - une classification qui fonctionne bien pour une majorité d’oiseaux d’eau migrant dans les régions Amériques, Asie-Pacifique et Afrique-Eurasie.
Biogeographic Regions Fig 1. Domaines biogéographiques du monde


Major waterbird flyways Fig 2. Les neuf principales voies de migration des oiseaux d’eau dans le monde


Toutefois, contrairement à cette généralisation simplifiée, certaines voies de migration sont davantage orientées est-ouest. Par exemple, en Eurasie, de nombreuses espèces nichant dans le Paléarctique oriental se déplacent vers l’ouest, pour passer l’hiver boréal dans le Paléarctique occidental. Des exemples similaires existent pour des populations migrant entre le Néarctique et le Paléarctique oriental, ou entre le Néarctique et le Paléarctique occidental. Ainsi, les populations ont été affectées aux zones (domaines ou voies de migration) où elles passent la majeure partie de leur cycle annuel. En conséquence, les listes de populations couramment utilisées dans chaque voie de migration peuvent être légèrement différentes de celles présentées ici. L’approche utilisée dans les WPE ne doit pas être considérée comme une définition définitive des frontières des voies de migration qui serait valable dans tous les cas. Cependant, elle s’est plutôt révélée utile pour structurer les éléments de nos analyses.

Enfin, pour certaines analyses, nous avons effectué de larges regroupements de populations lorsque des accords multilatéraux actuels ou potentiels, concernant la conservation des oiseaux d’eau migrateurs, étaient en cours et lorsque qu’un niveau de détail plus fin n’était pas requis. Les domaines biogéographiques et les voies de migration ont également été regroupés en régions majeures de gestion des voies de migration, à savoir l’Afrique-Eurasie, les Amériques et l’Asie-Pacifique (figure 3).
Major administrative flyways Fig.3 Les trois principales régions de gestion des voies de migration des oiseaux d’eau.